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Supplément dossier

Co-concevoir des solutions de mobilité plurielles dans les smart cities

La collecte, le traitement et l’ouverture des données de mobilité sont des leviers indispensables pour aller vers une mobilité intelligente et durable. L’information, jouant un rôle majeur dans les nouvelles manières de se déplacer, doit être incarnée de façon adaptée pour être appropriée.

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Marie-Amandine Vermillon

Chargée de médiation scientifique TUBA Lyon

 

Si l’échelle et la définition de la smart city sont variées, recouvrant des significations diverses voire antagonistes en fonction des acteurs qui en font usages, la notion de smart city entretient une relation forte aux technologies de l’information et de la communication, à l’intelligence et l’action collective.

A la croisée de l’innovation technologique, économique, sociale et institutionnelle, les smart cities sont des espaces où émergent, se construisent, se développent et s’expérimentent de nouvelles pratiques urbaines. Nous nous intéressons ici aux pratiques de mobilité en milieu urbain dans une période mouvante où la culture numérique, l’accès aux NTIC et les évolutions socio-économiques viennent bouleverser les manières d’appréhender, de produire et de vivre la ville tant à une échelle publique que privée; individuelle que collective.

velov_rapillard_mediumDepuis plus d’une dizaine d’années, de nouvelles manières de se mouvoir apparaissent dans un contexte où l’économie fondée sur l’industrie productive perd de sa puissance au profit de l’économie de la fonctionnalité et l’économie collaborative. Dans ce mouvement de tertiarisation de notre société, les grandes entreprises se réinventent, de nouveaux acteurs dits d’intermédiation germent, des initiatives citoyennes fleurissent et les institutions repensent l’action publique et leurs relations aux citoyens-usagers.

Les pratiques des habitants de grands centres urbains français sont davantage multimodales et intermodales. Les citadins recourent, dans une même semaine voire pour un même trajet, aux transports en commun classiques, aux vélos en libre-service, aux trottinettes aux co-voiturages ou encore aux VTC.

Ces formes de mobilité inscrites dans la ville « servicielle » sont intimement liées aux NTIC qui livrent, à travers une multitude de services numériques privés ou publics, une information permettant aux individus de gérer leur mode de déplacement et favorisent la mise en relation de particuliers.

Mobilité-intermodaleSource : L’ObSoCo, Chronos / SNCF, ADEME, 2016

Mais les mobilités « servicielles », bien qu’en expansion au sein des métropoles françaises, ne sont pas encore suffisantes pour impacter significativement les émissions de CO2 générées par les voitures particulières et les poids lourds. Un large choix de solutions de mobilité durables pour tous stimulerait davantage un report multimodal.

C’est dans cette optique que le projet Optimod’Lyon, programme partenarial public – privé à l’origine d’une plateforme intégrée de données urbaines de mobilité, permettant le développement de services d’aide à la mobilité, est né. Les données collectées par la Métropole de Lyon sont ainsi ouvertes donc exploitables par toute entreprise mais également citoyen désireux de proposer un service numérique innovant en matière de mobilité. L’entrée de nouveaux acteurs dans l’offre de déplacement existante enrichie considérablement les services proposés, répond à des enjeux économiques, écologiques et sociaux variés et permet à de nouveaux usages de s’exprimer.

En revanche, l’émergence d’un éventail d’alternatives innovantes rendues possibles par l’ouverture des données publiques et les dynamiques d’innovation ouverte ne sont pertinentes que si les services créés sont connus, accessibles et appropriés par les usagers afin que les reports modaux se pratiquent de façon effective. Pour qu’un service puisse impacter les comportements de mobilité d’une variété d’individus, il convient de considérer un ensemble de facteurs (psychologique, social, économique, politique, infrastructurel, technologique, territorial, …) venant déterminer les pratiques des personnes.

Favoriser une mobilité intelligente et durable suppose d’innover en adoptant des démarches ouvertes, collaboratives, transdisciplinaires et inclusives afin de considérer le contexte d’implémentation d’un service et les logiques socio-cognitives des potentiels usagers pour que les services créés puissent être utilisables, utilisés et appropriés.

 

Bibliographie :

Jambaud, A-C. (2012).Vers une ville multi-mobile. Millénaire 3. 

Viévard, L. (2016). Grand Lyon Métropole Servicielle, Quelles transformations pour l’action publique. Millénaire 3.

Varlin, V et Marzloff, L. (2016). L’observatoire des mobilités émergentes, synthèse publique.

Bobillier Chaumon, M.E. (2016). Acceptation située des TIC dans et par l’activité : Premiers étayages pour une clinique de l’usage. In M.E. Bobillier Chaumon & M. Dubois ? Numéro spécial Psychologie du Travail et des organisations. ‘’TIC et activités professionnelles : quels usages, quelles incidences ?’’ (à paraître)

 

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