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Editorial du dossier

Philippe Yvin – Président du directoire de la Société du Grand Paris

Philippe Yvin - Exterieurs - Societe du Grand Paris SDGP - Oct 2016 -® Genaro Bardy-1

Avec le Grand Paris Express, la France se dote du réseau de transport le plus performant au monde. Le métro ultra moderne qui circulera autour de Paris va également redessiner la métropole, avec ses 68 gares et les vastes projets immobiliers qu’elles génèrent.
Les travaux du Grand Paris Express ont démarré en 2016, entre Boulogne-Billancourt et Noisy-le-Grand. Dès cette année, les 16 gares de cette ligne seront en chantier. En 2018, toutes les lignes (14, 15, 16, 17 et 18) seront en travaux. Autant de marchés publics qui représentent d’ores et déjà près de 3 milliards d’euros injectés dans les carnets de commandes des entreprises. Les équipes de la Société du Grand Paris avancent aussi vite que possible pour concevoir les 200 kilomètres du nouveau métro et ses 68 gares. À nos côtés, 2 000 professionnels issus de toute l’ingénierie et 37 équipes d’architectes nationales et internationales sont mobilisés.
Cette révolution repose sur la réalisation de ce nouveau réseau de métro ultramoderne en rocade autour de Paris et sur la mise en oeuvre du plan de modernisation des réseaux existants porté par le conseil régional d’île-de-France et auquel contribue la Société du Grand Paris à hauteur de 3 milliards d’euros. Le nouveau métro va rendre possible les déplacements de banlieue à banlieue, sans passer par le cœur de Paris, ainsi que des liaisons directes avec les aéroports. Des territoires mal desservis vont être désenclavés. Les temps de transports seront réduits. Considérablement. Un étudiant de Clichy-Montfermeil ne mettra plus que 30 minutes pour se rendre à l’université de Créteil au lieu d’1 h 30 aujourd’hui. Un habitant de Dijon allant à l’aéroport d’Orly depuis la gare de Lyon mettra 25 minutes contre 50 aujourd’hui.

Le temps de voyage sera aussi du temps utile, propice aux loisirs ou au travail, grâce à des connexions Internet et mobiles puissantes. Car le nouveau métro sera un concentré d’innovations, une dimension numérique intégrée dès la conception du projet. En 2014, la Société du Grand Paris a ainsi mobilisé pas moins de 170 acteurs de la filière numérique dans le cadre d’un appel à manifestation d’intérêt. Neuf axes ont été identifiés pour agir : les câbles optiques, les data centers, l’infrastructure mobile cellulaire, le réseau très haut débit sans fil, le réseau de géolocalisation, les données voyageurs, les espaces de travail partagés, les living labs, les matériaux, objets et équipements intelligents et connectés.

Les chantiers eux-mêmes portent cette exigence. Avec leur ampleur, avec leur durée, ces travaux sont hors normes. Ce chantier réclame une organisation jamais éprouvée à ce jour ! La prise en compte des enjeux environnementaux, le respect des riverains, le trafic automobile en surface, la soif d’information des Franciliens : toutes ces données doivent trouver des réponses concrètes, ambitieuses et innovantes. Des expérimentations sont en cours, à la suite d’appels à projets lancés par la Société du Grand Paris. Elles concernent les commerces et les services de proximité, les conditions de circulation autour des chantiers, ainsi que la gestion des 43 millions de tonnes de déblais. Les 68 gares seront de réels équipements publics, proposant commerces et services, sources d’une nouvelle urbanité. Le Grand Paris Express s’affirme déjà comme le point d’appui de cette dynamique. Plus de 70 vastes projets d’aménagement sont déjà recensés autour d’une trentaine des futurs quartiers de gares. Ces projets représentent, à eux seuls, plus de 18 millions de mètres carrés.

En effet, au total, ce sont 140 km² de territoires qui sont directement impactés par les 68 gares, soit une fois et demie la superficie de Paris. Pour bâtir la ville durable du XXe siècle, l’ambition doit être de conjuguer les fonctions urbaines. Très concrètement, des bureaux, des activités, des commerces et surtout des logements de toute nature vont voir le jour. Beaucoup de logements, comme par exemple 1 500 à Bagneux, 5 700 entre les deux gares de Villejuif, près de 5 000 autour de Saint-Denis Pleyel, dont 1 700 pour les étudiants, 7 000 logements au bord du canal de l’Ourcq…

Le Grand Paris Express est décisif pour l’évolution de la métropole parisienne. C’est un réseau structurant. Les bénéfices attendus, 60 milliards d’euros de gains socio-économiques, comme les gains de temps, les avantages économiques, la réduction de l’empreinte carbone, sont la traduction d’un projet qui va limiter l’étalement urbain et permettre d’intensifier la ville au cœur de l’agglomération. C’est un investissement de 25 milliards d’euros, un projet stratégique générateur de milliers d’emplois directs et indirects, un projet de long terme et d’intérêt national parce qu’il va bénéficier au pays tout entier, l’île-de-France redistribuant désormais un quart de la richesse qu’elle produit aux autres régions. Avec le Grand Paris Express, la métropole va e doter du réseau de transport le plus performant au monde. Autour de lui va se modeler l’aménagement de la région Capitale. Grâce au Grand Paris Express, la France renoue avec les projets de long terme de la Ve République. Et construit son avenir.

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