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Editorial

Elisabeth Borne, Ministre chargée des Transports auprès du ministère d’Etat, Ministre de la Transition Écologique et Solidaire

Nous vivons une période de profonde transformation de nos mobilités. Le numérique, l’intelligence artificielle et les objets connectés sont autant d’innovations qui révolutionnent notre manière de nous déplacer. Le potentiel est immense, mais il doit être accompagné, favorisé et régulé.

C’est pour repenser notre politique de mobilité que nous avons organisé les Assises Nationales de la Mobilité. Rarement une démarche de consultation aura suscité un tel engagement avec la participation de milliers de citoyens sur tout le territoire et de plus de 900 experts. L’innovation dans les mobilités a été particulièrement débattue. La loi d’orientation des mobilités que je présenterai prochainement est le fruit du travail de l’ensemble des acteurs de la mobilité en France, que je remercie chaleureusement pour leur implication.

Le développement des nouvelles mobilités sera au coeur de cette loi, notamment en ce qui concerne les données de mobilité, les véhicules autonomes, les mobilités partagées et le droit à l’expérimentation et à l’innovation.

Les données de mobilité tout d’abord, qui sont au coeur des nouveaux usages. Elles permettent l’émergence de services innovants, qui, je le crois, en facilitant l’intermodalité, faciliteront considérablement les alternatives à la voiture individuelle et les déplacements des Français dans tous les territoires. C’est pourquoi nous ouvrirons l’accès en temps réel aux données relatives à l’information voyageur. Cette dynamique s’appuiera sur les Régions et les Métropoles qui animeront avec leurs partenaires la démarche d’ouverture afin d’alimenter, à l’aide d’une plateforme régionale ou métropolitaine, le point d’accès national avec les données recueillies. Elles devront s’assurer, avec les acteurs privés, de l’émergence de services d’information multimodaux, et la mise en place de système de billettique multimodale leur sera facilitée.

Le véhicule autonome, ensuite, pour lequel nous avons récemment présenté une stratégie ambitieuse de développement. Nous allons nous doter du cadre législatif pour permettre leur circulation d’ici 2020- 2022, avec une priorité qui sera apportée aux nouveaux services de mobilité partagée, comme les navettes.

Les mobilités partagées apportent en effet des réponses autant aux métropoles congestionnées qu’aux zones peu denses, où le modèle économique des transports publics reste fragile. La possibilité pour les autorités organisatrices de la mobilité de financer ces services, le déploiement de voies réservées ou la création d’un dispositif de preuve de covoiturage, sont autant d’outils qui permettront leur essor.

Un accent sera mis sur la possibilité d’expérimenter pour mieux innover, avec la relance du dispositif France expérimentation, dont je déclinerai un volet spécifique sur la mobilité.

Cela s’inscrit dans la démarche que j’ai lancée, French Mobility, qui vise à favoriser l’innovation dans les mobilités et à fédérer tous les acteurs de l’innovation. Je suis convaincue que c’est ensemble, dans la diversité de nos structures (collectivités, startups, entreprises, associations, État…) que nous pourrons libérer les innovations et surtout les déployer.

Je détaillerai dans les prochaines semaines le plan d’action que nous avons construit collectivement à ces fins, qui s’articule autour de différentes priorités que sont la mise en place d’un facilitateur de l’innovation, celle d’une plateforme collaborative, la construction d’un plan de formation, le soutien au financement de l’innovation et à la commande publique, et enfin le passage à grande échelle.

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