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Editorial du dossier

Olivier Paul-Dubois-Taine, Président du comité transports d’ingénieurs et scientifiques de France


Une etape D’ÉVOLUTION DE NOS MODES DE VIE

La révolution numérique, engagée de- puis à peine quinze ans avec la diffusion massive des téléphones portables, entraîne de profonds bouleversements de nos pratiques de mobilité, structurées pendant des décennies par le développement de moyens de transport toujours plus rapides et performants.

Ce qui nous interroge aujourd’hui, ce n’est plus la vitesse – qui stagne ou qui régresse -, ni l’existence de moyens de mobilité (avec 36 millions de véhicules en France, soit plus de 500 pour 1000 habitants) mais c’est notre capacité effective d’exercer nos activités quotidiennes dont les difficultés impactent une par- tie croissante de la population : temps de trajet, encombrement de l’espace, éloignement et/ou difficultés d’accès des emplois et des services, empreinte environnementale de l’automobile et des autres moyens de transport…

Dans ce contexte, largement débattue lors des récentes Assises nationales, l’électromobilité, c’est-à-dire l’utilisation massive de l’énergie électrique pour nos déplacements individuels ou collectifs, constitue probablement une étape décisive de transformation de nos mobilités, à l’instar des systèmes de mobilité connectée, de la future robotisation des véhicules, et d’autres révolutions technologiques ou organisationnelles susceptibles de transformer nos modes de vie (et donc nos mobilités), telles que celles du travail et de modes de production, de l’accès à la santé, des modalités de formation , etc… Que peut-on attendre de la mobilité électrique à la- quelle la revue TEC consacre opportunément un dossier complet ? D’abord, la diffusion à grande échelle d’une innovation majeure, celle de batteries facilement rechargeables, d’encombrement limité et de coûts compétitifs, permettant à toutes sortes de véhicules de bénéficier des avantages du moteur électrique par rapport au moteur thermique majoritairement utilisé au cours du siècle dernier : des véhicules silencieux, sans pollution locale, moins consommateurs d’énergie, plus simples d’usage…

Cette technologie du moteur électrique avec batterie embarquée peut-elle répondre à tous les besoins du transport à l’échelle européenne et surtout mondiale ? C’est un débat sur nos politiques énergétiques de moyen-long terme qui interroge plus globalement les ressources de la planète en matériaux rares, l’émergence d’une filière industrielle européenne de production-recyclage de batteries, et la disponibilité à long terme d’un mix électrique décarboné pour produire le supplément d’énergie nécessaire. Une récente note de synthèse publiée par France Stratégie fait le point sur ces questions technologiques.

Ensuite, de nouveaux champs de développement de services de mobilité. Le vélo à assistance électrique étend fortement les possibilités d’usage des deux roues légers pour les déplacements quotidiens à courte distance – les plus nombreux – ce qui renforce singulièrement l’intérêt des politiques de développe- ment d’itinéraires cyclables, y compris dans les territoires à faible ou moyenne densité.

La voiture électrique « urbaine », vendue avec la prise de recharge de la batterie, est immédiatement adaptable aux usages quotidiens actuels des voitures des ménages multi motorisés résidant en maison individuelle : la station-service d’énergie est à la maison ou au bureau.

DES OPPORTUNITÉS D’AMÉNAGEMENT DES TERRITOIRES.

Les services d’auto-partage de proximité se développent préférentiellement avec des véhicules tout électrique, bien adaptés aux trajets de courte durée et à l’exploitation des flottes de véhicules en milieu urbain. Les futurs véhicules automatisés circulant sans conducteur (robots taxis et navettes collectives), seront probablement électriques pour les mêmes rai- sons.

Enfin, des opportunités d’aménagement des territoires. La diffusion à grande échelle de véhicules électriques, qui s’accélère depuis quelques années, apporte de nouveaux leviers d’action aux politiques d’aménagement et de gestion du cadre de vie : politiques locales de production – stockage – distribution d’énergie électrique, adaptation de l’espace  public  de  circulation et de stationnement (bornes de recharge électrique) ; nouveaux équipements et services liés à la gestion des véhicules électriques d’usage individuel ou partagé…

La dynamique de développement de l’électromobilité semble résolument engagée par les principaux acteurs économiques : constructeurs automobiles, distributeurs d’énergie, autorités territoriales… A quel rythme de développement et avec quels effets sur notre environnement ? L’avenir nous le dira, et les lecteurs de TEC seront en première ligne pour participer à cette aventure.

 

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